Module : Parcours Pro (Devenir joueur pro)

🎾 Ne te voile pas la face : ton fils, ce n’est pas le futur Nadal !

Publié le : 21/09/2026
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C’est brutal. Je sais. Mais dans le monde du tennis, il y a quelque chose qui m’agace : cette tendance à entretenir le rêve professionnel sans toujours expliquer ce qu’il implique réellement.

Votre enfant joue bien. Il est talentueux, bien classé, peut-être même repéré par la ligue. Alors on parle de potentiel, de progression, d’avenir…

âś… Aller loin ? Oui.
✅ Monter en deuxième série ? Oui.
✅ Jouer à un très bon niveau régional, voire national ? Pourquoi pas.

Mais devenir professionnel et gagner sa vie avec son tennis, c’est une autre histoire.

Et pour comprendre pourquoi, il faut regarder un peu plus loin que son classement ou la qualité de son coup droit.

🎓 Première barrière : la scolarité et le temps disponible

Votre enfant a peut-être un excellent niveau. Mais à un moment, pour continuer à progresser, il faudra pouvoir consacrer une place importante à l’entraînement, à la préparation physique, aux compétitions… et à la récupération.

Tout cela prend du temps. Beaucoup de temps.

Avec une journée complète de cours, les trajets et les devoirs, on le trouve où, ce temps ? ⏳

On peut bricoler une organisation pendant quelques années. S’entraîner le soir, jouer le mercredi, consacrer les week-ends aux tournois. Puis l’emploi du temps se remplit, la fatigue s’accumule et les limites apparaissent.

Le sport-études peut être une solution. Encore faut-il que les horaires, l’encadrement, la localisation et le volume d’entraînement correspondent au projet.

L’académie ? C’est une autre possibilité. Mais il faut pouvoir la financer.

Et nous voilà déjà à la deuxième barrière.

💸 Deuxième barrière : l’argent

C’est probablement le sujet le moins agréable. Pourtant, il faut bien en parler.

Un projet professionnel ne se finance pas avec de la motivation et un joli revers.

Entraînement, matériel, cordages, déplacements, hébergement, accompagnement… Les dépenses s’additionnent. Et quand les compétitions vous emmènent loin de chez vous, la question prend encore une autre dimension.

Prenez un budget de 60 000 € pour une saison, comme exemple : ce n’est pas un tarif universel, tout dépend du programme et de l’encadrement. Mais si votre projet demande cette somme, vous la trouvez où ? Et l’année suivante ?

C’est une vraie question. Pas un détail qu’on réglera quand votre enfant sera meilleur.

Sans financement suffisant, il faudra réduire les déplacements, limiter l’accompagnement ou revoir le programme. À un moment, le projet peut s’arrêter pour une raison toute simple : on ne peut plus payer.

Le talent n’y change rien.

👉 J’ai déjà abordé cette question dans mon article sur le coût d’un parcours vers le tennis professionnel.

🎾 Troisième barrière : le niveau de jeu

Curieusement, je ne le place qu’en troisième position.

Ce n’est pas parce qu’il serait secondaire. Le niveau reste indispensable, et disposer de temps et d’argent ne garantit évidemment pas de l’atteindre.

Mais les deux premières barrières influencent directement les conditions dans lesquelles votre enfant va pouvoir progresser.

Si vous parvenez à aménager son emploi du temps, il pourra travailler plus régulièrement et mieux récupérer.

Si vous trouvez les financements, il pourra accéder à davantage d’accompagnement et à un programme de compétition adapté.

À l’inverse, on peut avoir un jeune très motivé, avec de belles qualités, qui manque simplement de temps, de moyens ou d’adversaires pour avancer.

Voilà pourquoi, de mon point de vue, le problème ne se résume pas à savoir s’il est assez doué. Il faut aussi savoir comment lui permettre de développer ses capacités.

🪄 Le talent ne va pas régler le reste par miracle

On passe beaucoup de temps Ă  commenter le niveau des jeunes.

« Il joue bien. »
« Il a quelque chose. »
« Il pourrait aller loin. »

Très bien. Mais avec quelle organisation ? Quel accompagnement ? Quel budget ?

On espère parfois qu’avec six à dix heures d’entraînement par semaine, il rivalisera durablement avec des joueurs dont toute la journée est organisée autour de leur progression.

Le nombre d’heures ne fait pas tout. La qualité du travail, la récupération et les besoins du joueur comptent aussi. Mais croire que le talent compensera toujours un écart important de préparation, c’est se raconter une histoire.

Et pour l’argent, même logique.

« On trouvera des sponsors. »
« La FFT nous aidera. »
« Si les résultats suivent, ça se débloquera. »

Peut-être. Mais tant qu’une aide n’est pas confirmée, elle ne finance rien.

On ne construit pas plusieurs années de projet sur un “on verra bien”.

Puis les études avancent, les contraintes augmentent et les choix arrivent. On ne parvient plus à tout concilier. Le projet professionnel s’éloigne, même si l’envie est toujours là.

On peut alors rester un très bon joueur et vivre de très belles choses dans le tennis. Ce n’est pas un échec. Mais ce n’est pas le projet de départ.

🧳 Et si vous arrivez sur le circuit ITF ? La galère n’est pas forcément terminée

Ça y est. Vous vous lancez sur le circuit ITF.

Sauf que participer Ă  des tournois professionnels ne signifie pas que vous gagnez votre vie.

Il faut continuer à financer les déplacements, se loger, s’entraîner et organiser la suite. Une défaite au premier tour ne vous rembourse ni le trajet ni les nuits d’hôtel.

Vous pouvez progresser, remporter des matchs, avancer dans votre parcours… et devoir encore trouver de l’argent pour continuer.

La question devient alors : combien de temps pourrez-vous tenir dans ces conditions ?

Arriver sur le circuit est une étape. Réussir à y construire une activité qui vous fait vivre en est une autre.

đź’¬ Et avec Elouan, on fait quoi ?

Avec Elouan, nous n’échapperons pas à ces difficultés.

La scolarité, le temps disponible, le financement, le niveau à atteindre : les barrières sont là, pour nous aussi.

Nous n’avons pas toutes les réponses. Et avoir conscience des difficultés ne nous garantit absolument rien.

Mais nous essayons de les regarder en face dès maintenant. Nous cherchons des solutions, nous anticipons ce que nous pouvons et nous avançons avec nos moyens.

Cela nous permettra peut-être d’aller plus loin dans le projet. Jusqu’où ? Je n’en sais rien.

Je ne sais pas si mon fils deviendra professionnel. En revanche, je sais qu’attendre un miracle ne constitue pas un plan.

Alors on continue Ă  rĂŞver. Mais les yeux ouverts. đź‘€

  

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