Introduction
Cela fait maintenant 10 ans que nous sommes sur les térrains... Au fil du temps, nous avons progressivement fait évoluer notre approche, et structurer les entrainements en associant programmation des apprentissages, répétition espacée, outils technologiques, analyse des performances et suivit... Nous avons plus ou moins développé notre méthode d'entraînement au tennis, sur mesure.
Dans cet article, je vous partage notre organisation, les outils que nous utilisons et les principes qui guident notre travail au quotidien.
1. Une méthode d'entraînement très loin d'être improvisée
Nous n'improvisons pas nos séances, bien au contraire.
Nous avons mis en place une organisation assez poussée, qui repose sur plusieurs principes : la régularité, la définition d'objectifs précis, la programmation des apprentissages, la répétition espacée, l'analyse des résultats et le suivit.
Nos entraînements ont lieu pratiquement tous les jours, généralement entre une et deux heures, avec des journées de repos pour permettre la récupération. À cette activité tennis s'ajoute également un travail de renforcement musculaire et stretching encadré par un kinésithérapeute, à raison d'environ une heure et d'autre pratique sportives occasionnelles
Mais le plus important n'est pas nécessairement la quantité d'entraînement. C'est surtout la qualité qui compte... et pour celà la manière dont nous organisons le travail doit être efficace. Nous devons faire en sorte que chaque séance contribue efficacement à une progression durable.
2. Des axes de progression ... sur la durée
Nous ne construisons pas notre programme au hasard, séance après séance.
Nous commençons par identifier les grandes priorités de progression du joueur. Ces priorités deviennent des axes de travail qui vont structurer les semaines ou les mois à venir.
Par exemple, notre bloc d'entraînement actuel, prévu sur environ deux mois, s'articule autour de plusieurs objectifs :
- Renforcer la solidité et la régularité en fond de court.
- Consolider le revers.
- Développer également un jeu plus agressif.
Ces grands axes sont ensuite déclinés en thématiques plus précises.
L'objectif est de construire une progression cohérente plutôt que de multiplier des exercices sans véritable fil conducteur.
3. Utilisation de la courbe de l'oubli pour programmer les apprentissages
C'est probablement l'un des aspects les plus intéressants de notre méthode. Nous nous inspirons des principes de la courbe de l'oubli (Courbe d'Ebbinghaus) et de la répétition espacée, bien connus dans le domaine de l'apprentissage.
Le principe est finalement relativement simple.
Lorsqu'on apprend quelque chose de nouveau, une seule répétition ne suffit généralement pas à l'ancrer durablement. Sans réactivation, les acquis peuvent s'estomper rapidement.
En revanche, si l'on revient sur cet apprentissage à plusieurs reprises, d'abord à intervalles rapprochés, puis progressivement plus espacés, on favorise sa consolidation à long terme.
C'est un peu comme apprendre une poésie : on la répète plusieurs fois au début, puis on la révise de moins en moins souvent au fur et à mesure qu'on la maîtrise.
Nous avons décidé d'adapter ce principe à l'entraînement au tennis.

Un exemple concret : travailler la solidité en fond de court
Imaginons que nous souhaitions renforcer la solidité en fond de court. Nous préparons une série d'exercices ciblés sur cet objectif, puis nous organisons neuf séances réparties sur environ un mois.
| Séance | Jour de travail |
|---|---|
| 1 | Jour 1 |
| 2 | Jour 2 |
| 3 | Jour 3 |
| 4 | Jour 5 |
| 5 | Jour 7 |
| 6 | Jour 12 |
| 7 | Jour 16 |
| 8 | Jour 21 |
| 9 | Jour 30 |
Au début, les séances sont très rapprochées afin de renforcer l'apprentissage. Ensuite, nous augmentons progressivement le temps entre deux rappels.
L'objectif est de favoriser l'automatisation et la consolidation des compétences travaillées.
Bien entendu, cette programmation n'est pas une garantie qu'un geste ou une compétence sera définitivement acquis après neuf séances. Elle constitue un cadre que nous pouvons adapter aux progrès observés, aux difficultés rencontrées et aux besoins du joueur.
Et rien ne nous empêche, quelques semaines ou quelques mois plus tard, de lancer un nouveau cycle sur cette même thématique.
Nous appliquons cette logique à chacun de nos grands axes de progression.
4. Tennis Pilot : le logiciel qui organise notre programmation
Avec plusieurs axes de travail et plusieurs thématiques à programmer simultanément, l'organisation devient rapidement complexe.
C'est précisément pour cela que nous utilisons Tennis Pilot, notre logiciel de gestion et de planification des entraînements.
Nous commençons par enregistrer nos axes et nos thématiques dans le logiciel. Ensuite, nous utilisons son système de programmation automatique pour répartir les séances selon la logique de répétition espacée que nous avons choisie.

Le logiciel construit alors une programmation que nous pouvons ajuster manuellement, en fonction de notre disponibilité, des compétitions, des besoins de récupération ou des priorités du moment.
Une fois cette programmation établie, nous disposons d'une vision claire du travail à réaliser.
Nous pouvons alors consulter notre programme à la journée ou au mois, l'imprimer et l'exporter.

Nous recevons également chaque matin un email récapitulant les séances prévues, nous les adaptons bien entendu au situation, au jour le jour...
(Exemple Email du jour)

Cela change considérablement notre manière de travailler : nous n'arrivons jamais sur le court en nous demandant ce que nous allons faire, nous savons exactement quels objectifs nous devons travailler et pourquoi nous les travaillons ce jour-là.
5. Une organisation précise de chaque séance
Une fois la programmation établie, il reste à préparer les séances et les exercices adaptés aux thématiques du jour.
Les machines à balles occupent une grande place dans nos entrainements. Presque quotidiennement, je crée de nouveaux exercices pour reproduire des situations de jeu précises et répondre aux objectifs fixés.
Nous avons la chance de disposer de plusieurs machines aux fonctionnalités complémentaires : certaines sont très puissantes et permettent de travailler des balles lourdes, d'autres utilisent l'intelligence artificielle pour adapter les trajectoires aux déplacements du joueur, certaines se déplacent sur le terrain, tandis que d'autres proposent des analyses détaillées de la gestuelle.
Ces technologies nous permettent de travailler avec une grande précision le coup droit, le revers, les déplacements ou encore les situations tactiques. Les possibilités sont considérables ! Nous faisons probablement partie des équipes qui exploitent le plus intensivement ces nouveaux outils d'entraînement.
Pour nous, les machines à balles sont de véritables outils pédagogiques, qui complètent naturellement le travail avec des partenaires humains et les situations de match.
Une fois les exercices préparés, nos séances suivent une organisation assez classique :
- Échauffement (environ 20 minutes) : une routine systématique de préparation physique et de mise en route.
- Thématiques du jour (2 à 3 séquences d'environ 20 minutes) : des exercices spécifiques, avec deux à trois thématiques maximum pour conserver un travail ciblé et approfondi. Nous travaillons beaucoup par "essais / erreur / apprentissage"... avec beaucoup de répétitions de mise en situation.
- Service en fin de séance : nous terminons presque systématiquement par un panier de services.
- Échanges libres, lorsque c'est possible : pour réinvestir les apprentissages dans des situations de jeu plus naturelles.
Enfin, le soir, nous consacrons généralement 20 à 30 minutes au stretching, pour compléter le travail réalisé sur le terrain.
Cette organisation nous permet d'associer régularité, précision et diversité, tout en conservant suffisamment de souplesse pour adapter les séances aux besoins du joueur.
6. Assurer le suivi et mesurer les progrès grâce aux données
Le travail ne s'arrête pas lorsque nous quittons le terrain.
À la fin de chaque journée, on prends quelques minutes pour renseigner les données sur Tennis Pilot : séances réalisées ou non, durée effective des entraînements, thématiques travaillées et éventuels commentaires.
Ces informations accumulées au fil des mois et des années constituent un véritable historique de l'activité du joueur.
Tennis Pilot nous permet ainsi de visualiser les volumes d'entraînement, les heures passées sur le court, les axes et thématiques travaillés, leur répartition dans le temps, ou encore de comparer les différentes saisons. Radars de progression, cartes de chaleur (heatmaps), bilans hebdomadaires et mensuels : nous disposons d'une vision assez complète de notre travail.
La télémétrie et la vidéo pour aller plus loin
Nos machines à balles, caméras et outils d'analyse collectent également de nombreuses données : impacts de balles, trajectoires, vitesses, placements, frappes et informations sur la gestuelle.
Nous centralisons ces données dans Tennis Pilot pour obtenir des statistiques avancées, comparer différentes périodes et suivre les évolutions techniques.
Les cartes de densité des impacts, par exemple, permettent de visualiser les zones de jeu privilégiées. Nous pouvons aussi observer la répartition coup droit/revers, la profondeur des frappes ou encore l'évolution de la vitesse moyenne des balles.
Si un joueur frappe aujourd'hui à 82 km/h en moyenne, qu'en sera-t-il dans un an ou deux ? Jouera-t-il plus vite, avec davantage de lift, plus de profondeur ? Nous ne le savons pas encore, mais nous disposons désormais de données pour observer ces évolutions objectivement.
La vidéo joue également un rôle essentiel. Elle révèle parfois des détails techniques ou des comportements que nous n'avions pas remarqués depuis le bord du terrain.
Bien sûr, ces analyses restent perfectibles et les statistiques ne font pas à elles seules un bon joueur. Mais elles apportent un regard complémentaire, nous aident à identifier des pistes de travail et à ajuster nos programmations.
Conclusion : construire le joueur de demain
Notre méthode n'a pas la prétention d'être "la méthode parfaite"... c'est juste la notre, elle nous convient bien et elle nous semble efficace.
Elle évolue constamment avec notre expérience, les nouvelles technologies et surtout les besoins du joueur.
Notre objectif est simple : donner du sens à chaque entraînement, construire des apprentissages durables et progresser sur le long terme.
Ce qui nous intéresse, c'est de construire progressivement la meilleure version possible du joueur dans sept ou huit ans afin qu'il puisse pleinement exprimer sur le terrain... et tant qu'a faire aller loin 😉
Et c'est dans cette perspective que nous continuons, jour après jour, à planifier, répéter, analyser et ajuster notre travail ... et inover.
Alors que pensez vous de cette méthode ? N'hésitez pas nous laisser votre commentaire ...




























